Article publié le mardi 29 septembre 2026 dans la catégorie culture.
Pour devenir psychiatre en France, il faut d’abord devenir médecin, puis se spécialiser en psychiatrie. Le parcours dure généralement
dix ans après le baccalauréat : six années de formation médicale commune et quatre années d’internat. Dans les faits, certains étudiants mettent onze ou douze ans en raison d’une année supplémentaire, d’une réorientation ou d’une formation complémentaire. Cette durée s’explique par l’importance de la pratique clinique : le psychiatre est un médecin spécialiste habilité à poser un diagnostic, prescrire des médicaments et assurer un suivi psychothérapeutique.
Le cursus médical avant la spécialisation : 10 à 12 ans après le bac
Les études de médecine : PASS ou LAS, puis premier et deuxième cycles
L’accès aux études de santé se fait après le bac par un
PASS (parcours d’accès spécifique santé) ou une
LAS (licence avec option accès santé). La première année est sélective : elle permet de candidater aux études de médecine selon les résultats universitaires et les modalités fixées par chaque université.
Une fois admis en médecine, l’étudiant suit un premier cycle de deux ans supplémentaires. Il y acquiert les bases scientifiques et médicales : anatomie, physiologie, sémiologie, pharmacologie, éthique ou santé publique. À ce stade, il n’étudie pas encore spécifiquement la psychiatrie, même si la santé mentale est abordée dans plusieurs enseignements.
Le deuxième cycle couvre les trois années suivantes. L’étudiant devient externe et alterne cours, stages hospitaliers et apprentissages cliniques. Il découvre alors les principales spécialités, dont la psychiatrie, en participant à des consultations, à des services d’hospitalisation et parfois aux urgences psychiatriques.
Au total, le tronc commun de médecine représente
six années d’études après le bac avant l’entrée dans l’internat. Pour mieux situer cette organisation, il est utile de consulter le détail de
la durée des études de médecine en France.
Les épreuves nationales et le choix de la spécialité psychiatrie
En sixième année, les étudiants passent les épreuves nationales qui servent à l’affectation en troisième cycle. L’attribution d’un poste d’internat tient compte de plusieurs éléments évalués durant le cursus, notamment les connaissances, les compétences cliniques et le parcours de formation.
Le choix dépend ensuite de trois paramètres :
le rang obtenu, la spécialité souhaitée et la subdivision géographique disponible. Un étudiant bien classé dispose d’un choix plus large, mais l’accès à la psychiatrie varie aussi selon les villes et le nombre de postes ouverts chaque année.
Choisir la psychiatrie signifie s’engager dans un diplôme d’études spécialisées, ou DES, de psychiatrie. Il ne s’agit donc pas d’une orientation accessible immédiatement après le lycée : elle intervient après six années de formation médicale générale.
- Après le bac : entrée en PASS ou LAS ;
- Après l’admission : cinq années de formation médicale incluant stages et externat ;
- En fin de sixième année : affectation en internat selon les résultats et les vœux ;
- Puis : quatre ans de DES de psychiatrie, avec pratique hospitalière rémunérée.
L’internat de psychiatrie : une formation clinique de quatre ans
Les stages hospitaliers, gardes et apprentissages pratiques
L’internat constitue le cœur de la spécialisation. Le DES de psychiatrie dure normalement
quatre ans, soit huit semestres. L’interne est à la fois un médecin en formation et un praticien exerçant sous la responsabilité de médecins seniors. Il est rémunéré et prend progressivement davantage d’autonomie.
Les stages permettent d’aborder différents contextes de soins : psychiatrie adulte, pédopsychiatrie, urgences, psychiatrie de liaison en hôpital général, consultations ambulatoires, centres médico-psychologiques ou hospitalisation complète. Selon son projet et les possibilités locales, l’interne peut également effectuer des stages dans des structures médico-sociales ou auprès de populations spécifiques.
Cette diversité est essentielle, car la psychiatrie ne se limite pas aux maladies les plus connues. Elle couvre notamment les troubles de l’humeur, les troubles anxieux, les addictions, les psychoses, les troubles du comportement alimentaire, les traumatismes psychiques et les troubles du neurodéveloppement.
L’interne participe aux consultations, aux entretiens avec les patients et leurs proches, aux réunions pluridisciplinaires, aux prescriptions et au suivi des hospitalisations. Il assure aussi des gardes ou des astreintes selon les services.
L’apprentissage porte autant sur l’écoute et le raisonnement clinique que sur les traitements médicamenteux et les cadres de soins.
La thèse d’exercice et l’obtention du diplôme de docteur en médecine
En parallèle de l’internat, le futur psychiatre prépare une thèse d’exercice. Ce travail repose sur une question médicale, clinique, épidémiologique ou organisationnelle. Sa soutenance est nécessaire pour obtenir le diplôme d’État de docteur en médecine.
Pour exercer comme spécialiste, il faut réunir deux éléments : la validation du
DES de psychiatrie et l’obtention du diplôme de docteur en médecine après la thèse. La thèse est souvent soutenue pendant l’internat, mais son calendrier varie selon le projet de l’interne et l’avancement de son travail.
À l’issue du cursus, le médecin peut exercer à l’hôpital, en clinique, en centre de santé, dans une structure médico-sociale ou s’installer en libéral. Il peut également combiner plusieurs modes d’exercice. Le parcours ressemble, dans son organisation générale, à celui d’autres spécialités médicales ; la comparaison avec
les études nécessaires pour devenir médecin généraliste aide à comprendre ce socle commun suivi d’une spécialisation.
Les facteurs qui peuvent rallonger ou transformer le parcours
Redoublement, réorientation et année de césure
La durée de dix ans correspond à un déroulement sans interruption majeure. Or, les études médicales sont exigeantes et certains parcours sont moins linéaires. Une année supplémentaire peut résulter d’un redoublement, d’une réorientation après PASS ou LAS, d’une interruption pour raisons personnelles ou de santé, ou encore d’une année de césure.
La césure doit être préparée avec l’université et ne constitue pas une solution automatique. Elle peut néanmoins permettre de mûrir un projet, de réaliser une expérience utile ou de reprendre les études dans de meilleures conditions.
Elle allonge mécaniquement la date d’entrée dans la vie professionnelle.
Le changement de spécialité après l’affectation est possible dans certains cadres, mais il reste encadré et dépend des places disponibles. Il est donc préférable de découvrir la psychiatrie pendant l’externat, d’échanger avec des internes et de se renseigner sur la réalité quotidienne du métier avant de classer ses vœux.
Formations complémentaires et spécialisations après le diplôme
Après le DES, certains psychiatres poursuivent une formation complémentaire. Cela peut concerner la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, les addictions, la psychiatrie périnatale, le sommeil, la psychiatrie légale, la psychotraumatologie ou certaines approches psychothérapeutiques.
Ces formations peuvent prendre la forme de diplômes universitaires, de formations pratiques ou de travaux de recherche. Elles sont utiles pour développer une expertise, mais
elles ne sont pas obligatoires pour obtenir le titre de psychiatre. Il faut donc distinguer la durée réglementaire du parcours, qui est de dix ans en principe, et le temps investi pour construire un domaine d’exercice particulier.
| Étape | Durée habituelle | Objectif principal |
| PASS ou LAS et premier cycle | 3 ans | Accéder à la médecine et acquérir les fondamentaux |
| Deuxième cycle | 3 ans | Se former en clinique et choisir une spécialité |
| Internat de psychiatrie | 4 ans | Valider le DES et exercer en formation |
| Formations complémentaires | Variable | Approfondir un domaine particulier |
Psychiatre, psychologue et psychothérapeute : des parcours distincts
La confusion entre ces professions est fréquente, alors que leurs formations et leurs compétences diffèrent nettement. Le psychiatre est un médecin spécialisé : il peut établir des diagnostics médicaux, prescrire des médicaments, délivrer des arrêts de travail et prendre en charge des pathologies nécessitant un suivi médical.
Le psychologue suit généralement cinq années d’études universitaires en psychologie, jusqu’au master. Il réalise des entretiens, des évaluations psychologiques et des accompagnements, mais ne prescrit pas de médicaments. Son approche dépend de sa spécialisation et de sa pratique professionnelle.
Le titre de psychothérapeute est réglementé et son accès dépend notamment d’une formation en psychopathologie clinique et d’un enregistrement approprié. Certains psychiatres et psychologues sont aussi psychothérapeutes, mais les trois termes ne sont pas interchangeables.
Le psychiatre est le seul des trois à être obligatoirement médecin.
Âge d’entrée dans la profession et premiers modes d’exercice
Un étudiant qui obtient son bac à 18 ans et suit un cursus sans année supplémentaire peut devenir psychiatre vers
28 ans. Cet âge peut être plus élevé en cas de redoublement, de césure, de changement d’orientation ou de formation complémentaire. À l’inverse, l’interne commence déjà à exercer des missions médicales supervisées durant ses quatre années de spécialisation.
Une fois le DES validé et la thèse soutenue, le jeune psychiatre peut s’inscrire à l’Ordre des médecins et exercer pleinement. Beaucoup débutent à l’hôpital pour consolider leur expérience, tandis que d’autres choisissent rapidement une activité mixte ou libérale. La durée du cursus est longue, mais elle répond à la responsabilité médicale du métier et à la diversité des situations rencontrées en santé mentale.
Chiffres clés du parcours
- 6 ans : c’est la durée habituelle du cursus médical avant l’internat, depuis l’accès en PASS ou LAS jusqu’aux épreuves nationales de fin de deuxième cycle.
- 4 ans : le DES de psychiatrie comprend habituellement 8 semestres d’internat, consacrés aux stages, aux gardes, aux enseignements spécialisés et à la préparation de la thèse.
- 10 ans : un étudiant qui suit l’ensemble du cursus sans interruption ni année supplémentaire peut obtenir le titre de psychiatre environ 10 ans après le baccalauréat.
Questions fréquentes
Quel baccalauréat choisir pour envisager la psychiatrie ?
Un bac général avec des spécialités scientifiques est généralement le choix le plus cohérent, notamment sciences de la vie et de la Terre, physique-chimie et mathématiques selon le projet de l’élève. Aucune combinaison ne garantit toutefois l’admission en études de santé. Il faut surtout construire un dossier solide et choisir des enseignements dans lesquels on peut obtenir de bons résultats.
La réussite en PASS ou LAS repose aussi sur la méthode de travail et la régularité.
Peut-on devenir psychiatre sans passer par les études de médecine ?
Non. Le psychiatre est obligatoirement un médecin titulaire d’un diplôme de doctorat en médecine et d’une spécialisation en psychiatrie. Ce parcours lui donne notamment le droit de prescrire des médicaments et d’assurer le suivi médical des patients. Une personne souhaitant accompagner la souffrance psychique sans faire médecine peut plutôt s’orienter vers la psychologie, puis un master, ou explorer d’autres métiers du secteur médico-social.
Un psychiatre peut-il travailler uniquement avec des enfants ?
Oui, un psychiatre peut orienter son activité vers les enfants et les adolescents, notamment grâce aux stages réalisés pendant l’internat et à des formations complémentaires. Il peut exercer en pédopsychiatrie, dans un hôpital, un centre médico-psychologique, une structure médico-sociale ou en cabinet. Cette orientation demande de maîtriser les spécificités du développement de l’enfant et de travailler étroitement avec les parents, l’école et les autres professionnels.
Le suivi implique souvent une approche familiale et pluridisciplinaire.
Faut-il aimer les sciences pour exercer ce métier ?
Oui, car la formation repose largement sur les sciences médicales, la biologie, la pharmacologie et le raisonnement clinique. Mais l’intérêt pour les relations humaines est tout aussi important. Le psychiatre doit écouter avec attention, analyser des situations complexes, expliquer les soins et collaborer avec de nombreux interlocuteurs. L’empathie seule ne suffit pas : il faut aussi savoir garder une juste distance professionnelle et prendre des décisions médicales parfois difficiles.
Est-il possible de faire de la recherche après une spécialisation en psychiatrie ?
Oui. Certains psychiatres participent à des recherches sur les troubles mentaux, les traitements, les neurosciences, la prévention ou l’organisation des soins. Ils peuvent mener cette activité à l’hôpital, à l’université ou dans un organisme de recherche, souvent en complément d’une pratique clinique. Un parcours universitaire ou un diplôme complémentaire peut être nécessaire selon le niveau de responsabilité visé.
Un projet exigeant à préparer avec lucidité
Le chemin vers la psychiatrie repose sur une formation médicale longue, suivie d’une spécialisation fortement ancrée dans la pratique clinique. Il faut prévoir
environ dix années après le bac dans un parcours sans interruption, tout en gardant à l’esprit que des réorientations, une césure ou une expertise complémentaire peuvent modifier ce calendrier.
Au-delà de la durée, ce choix demande d’associer rigueur scientifique, capacité d’écoute et intérêt pour les enjeux de santé mentale. L’internat permet de vérifier progressivement son attrait pour les différents modes d’exercice et les publics accompagnés. Avant de vous engager, renseignez-vous sur les réalités des stages, échangez avec des étudiants ou des professionnels et évaluez votre motivation pour
un cursus médical soutenu autant que pour la relation de soin.