Article publié le jeudi 24 septembre 2026 dans la catégorie culture.
Un jour férié n’est pas automatiquement payé double. En droit du travail français, la règle dépend du jour concerné, du fait qu’il soit travaillé ou chômé, ainsi que des dispositions plus favorables applicables dans l’entreprise.
Le 1er Mai constitue l’exception majeure : lorsqu’un salarié travaille ce jour-là, sa rémunération doit être doublée. Pour les autres fêtes légales, une majoration dépend généralement de la convention collective, d’un accord d’entreprise ou du contrat de travail.
Le principe : aucun double paiement automatique pour les jours fériés
La différence entre jour férié chômé, travaillé et payé
Un jour férié est une date fixée par la loi, mais il n’est pas nécessairement non travaillé. L’entreprise peut rester ouverte et demander à certains salariés de travailler, selon son activité et les règles applicables.
Un jour férié
chômé correspond à une journée non travaillée. Il peut être rémunéré sans que les heures soient effectuées, sous certaines conditions. Un jour férié
travaillé est une journée normalement rémunérée, mais pas obligatoirement majorée.
Le double paiement signifie qu’en plus du salaire dû pour le travail réalisé, le salarié perçoit une indemnité équivalente. Cette règle légale ne concerne, en principe, que le 1er Mai. Pour mieux distinguer les situations, consultez ce guide sur
le paiement des jours fériés et les droits des salariés.
| Situation | Rémunération applicable |
| 1er Mai chômé | Salaire maintenu, sans condition d’ancienneté |
| 1er Mai travaillé | Salaire habituel + indemnité égale : rémunération doublée |
| Autre jour férié travaillé | Salaire normal, sauf majoration conventionnelle ou contractuelle |
| Autre jour férié chômé | Maintien possible du salaire selon les règles applicables |
Le rôle déterminant de la loi, de la convention collective et du contrat de travail
La loi fixe un socle minimal. Une convention collective, un accord d’entreprise ou une clause contractuelle peut prévoir des droits plus favorables : majoration de 50 %, 100 % ou davantage, repos compensateur, ou cumul entre repos et prime.
Il faut donc vérifier la règle applicable à son emploi, et non se fier à une pratique observée dans une autre entreprise. Dans certains secteurs, notamment l’hôtellerie-restauration, le commerce, la santé ou les transports, les accords collectifs encadrent précisément le travail pendant les fêtes légales.
Le 1er Mai, seul jour férié obligatoirement majoré lorsqu’il est travaillé
Les salariés concernés par le doublement de la rémunération
Le Code du travail prévoit que le 1er Mai est un jour férié et chômé. Toutefois, les établissements et services qui
ne peuvent pas interrompre leur activité en raison de leur nature peuvent faire travailler leurs salariés : hôpitaux, transports, hôtels, certains commerces autorisés ou activités de sécurité, par exemple.
Lorsqu’un salarié travaille le 1er Mai, il bénéficie obligatoirement d’une indemnité égale au montant de son salaire pour cette journée. Cette garantie vaut quel que soit le statut du salarié : CDI, CDD, temps plein, temps partiel ou intérim, dès lors que la journée est effectivement travaillée.
Le calcul du salaire pour un 1er Mai travaillé
Le salarié reçoit sa rémunération normale pour les heures accomplies, à laquelle s’ajoute une indemnité du même montant. Pour un salarié payé à l’heure, l’employeur double donc les heures effectuées le 1er Mai. Pour un salarié mensualisé, la paie doit faire apparaître une indemnité correspondant à la rémunération de cette journée.
Un repos compensateur ne peut pas remplacer ce double paiement légal, sauf s’il s’ajoute à la rémunération prévue. Les primes habituellement liées au travail, telles que certaines primes de nuit, peuvent aussi s’ajouter si les conditions de leur versement sont réunies.
Les activités autorisées à faire travailler leurs salariés ce jour-là
L’employeur ne peut pas librement imposer le travail le 1er Mai à tous ses salariés. Il doit pouvoir justifier que l’activité ne peut être interrompue. Une ouverture par simple convenance commerciale ne suffit pas nécessairement. Les règles locales, les autorisations d’ouverture et les accords collectifs peuvent également intervenir.
Les autres jours fériés : les situations où une majoration peut s’appliquer
Les majorations prévues par une convention collective ou un accord d’entreprise
Pour les autres jours fériés — 1er janvier, lundi de Pâques, 8 Mai, Ascension, 14 Juillet, 15 août, Toussaint, 11 Novembre et Noël —
aucune majoration légale générale n’est imposée lorsqu’ils sont travaillés. Un salarié peut donc être payé au taux habituel.
La convention collective peut néanmoins imposer une compensation. Elle peut prévoir une majoration salariale, un repos compensateur, ou une règle différente selon que le jour férié est travaillé de façon exceptionnelle ou habituelle. Cet article sur
la majoration applicable lors d’un jour férié travaillé permet d’identifier les éléments à contrôler.
Les usages de l’entreprise et les clauses contractuelles plus favorables
Un usage constant dans l’entreprise peut aussi créer un avantage : par exemple, le versement annuel d’une prime pour tout jour férié travaillé. L’employeur ne peut pas supprimer un usage du jour au lendemain sans respecter une procédure de dénonciation et d’information.
Le contrat de travail peut également accorder une majoration particulière. En cas de coexistence de plusieurs règles, il convient d’appliquer celle qui est la plus favorable au salarié, après examen précis de leur objet.
Le cas particulier des heures supplémentaires, du travail de nuit et du dimanche
Le travail un jour férié peut coïncider avec d’autres majorations. Des heures effectuées au-delà de la durée légale peuvent ouvrir droit à la majoration des heures supplémentaires. Le travail de nuit ou du dimanche peut aussi être indemnisé selon l’accord collectif applicable.
Ces majorations ne se confondent pas automatiquement : leur cumul dépend du texte qui les prévoit. Pour apprécier
la rémunération à prévoir pour un jour férié travaillé, il faut examiner chaque élément de paie séparément.
Le paiement d’un jour férié non travaillé
La règle de maintien du salaire et la condition d’ancienneté
Le 1er Mai chômé ne peut entraîner aucune perte de salaire. Pour les autres jours fériés chômés, le maintien de la rémunération est notamment prévu pour les salariés totalisant au moins trois mois d’ancienneté dans l’entreprise, sauf dispositions conventionnelles plus favorables.
Un accord collectif peut supprimer cette condition ou prévoir le paiement de tous les jours fériés dès l’embauche. Les salariés doivent donc éviter de conclure trop vite qu’un jour non travaillé est forcément non payé. Les explications sur
les raisons pour lesquelles certains jours fériés ne sont pas payés aident à distinguer les cas légitimes des erreurs.
Les absences et situations pouvant modifier la rémunération
Une absence injustifiée autour du jour férié, un congé sans solde ou certaines suspensions du contrat peuvent affecter la paie selon les circonstances. En revanche, un jour férié inclus dans des congés payés ne donne pas lieu à la pose d’un jour de congé lorsqu’il est habituellement chômé dans l’entreprise.
Les particularités des salariés à temps partiel et en contrat court
Pour un salarié à temps partiel, le maintien de salaire concerne uniquement un jour férié qui coïncide avec un jour habituellement travaillé. Un contrat court n’exclut pas automatiquement le droit au paiement ou au doublement du 1er Mai travaillé.
Vérifier ses droits et réagir en cas d’erreur de paie
Les documents à consulter : convention collective, accord interne et bulletin de salaire
Pour contrôler une paie, il est utile de réunir :
- la convention collective mentionnée sur le bulletin de salaire ;
- les accords d’entreprise ou notes de service applicables ;
- le contrat de travail et ses éventuels avenants ;
- le relevé des heures réellement travaillées le jour férié ;
- le bulletin de paie du mois concerné.
Le bulletin doit permettre d’identifier la majoration ou l’indemnité versée. Pour le 1er Mai travaillé,
l’absence de double rémunération doit alerter.
Les démarches auprès de l’employeur en cas de majoration non versée
Le salarié peut d’abord demander une explication écrite au service paie ou à son responsable, en joignant les éléments utiles. Si une erreur est confirmée, il peut réclamer une régularisation. En cas de désaccord persistant, les représentants du personnel, un syndicat, l’inspection du travail ou le conseil de prud’hommes peuvent être sollicités selon la situation.
Ce qu’il faut retenir sur le paiement double des jours fériés
Le travail un jour férié ne donne pas systématiquement droit à une rémunération majorée.
Le 1er Mai travaillé est la seule situation où le double paiement est imposé par la loi, avec une indemnité égale au salaire de la journée. Pour les autres fêtes légales, les droits dépendent principalement de la convention collective, d’un accord d’entreprise, d’un usage ou du contrat de travail.
Le maintien du salaire lors d’un jour férié chômé répond également à des règles distinctes, notamment selon l’ancienneté et l’organisation habituelle du travail. Avant de contester une paie, il est donc essentiel de vérifier
la convention collective applicable, les heures réellement effectuées et le bulletin de salaire. Ces documents permettent d’identifier une majoration oubliée ou une indemnité due.